dossiers-multimedias-voix-de-lain
dossiers-multimedias-voix-de-lain

11 novembre 1943 : défilé historique à Oyonnax

Ce dossier multimédia a été initié à l’occasion du 70e anniversaire de l’emblématique défilé des maquisards à Oyonnax, le 11 novembre 1943. Véritable coup d’éclat, cet événement restera comme l’un des plus emblématiques de la Résistance dans l’Ain et le le Haut-Jura.

Le défilé des maquisards vu de ma fenêtre

par Paul Maubourg

 

Fils de résistant, Paul Maubourg a assisté enfant, depuis sa fenêtre, au défilé de la résistance dans les rues d’Oyonnax, le 11 Novembre 1943. Ses souvenirs, il nous les raconte avec ses mots.

 

Paul Maubourg évoque ses souvenirs de la guerre sur la tombe de son père, torturé et tué par les Nazis en 1944.
Paul Maubourg évoque ses souvenirs de la guerre sur la tombe de son père, torturé et tué par les Nazis en 1944.

« Mes parents et moi vivions dans un tout petit appartement de deux pièces au numéro 78 de la rue Anatole-France.
La cuisine était simplement éclairée par une porte palière vitrée, et seule la chambre possédait une fenêtre qui donnait à découvrir la partie centrale de la « grande rue », la rue Brunet, le parc municipal, la mairie et le monument aux morts.
Que pouvait faire un gamin de sept ans et demi dans une cuisine de neuf mètres carrés pendant que sa mère préparait le repas de midi ? Alors ce gamin que j’étais passait son temps à genoux sur une chaise et les coudes appuyés sur le rebord en pierre de la fenêtre.
J’avais bien pour recommandation de ne pas me pencher, mais ce jour-là, je dus le faire car une musique inhabituelle me parvenait de la droite. Sans comprendre ce qui arrivait, j’appelais ma mère. Et c’est ainsi qu’à son côté, j’ai été témoin du défilé des maquisards le 11 novembre 1943. »

« Ils avaient le visage masqué par un mouchoir glissé sous leur béret »

« Ce qui a attiré mon regard de gosse, ce sont deux hommes qui marchaient sur le trottoir au niveau de la tête du défilé. Ils avaient le visage masqué par un mouchoir glissé sous leur béret et percé de deux trous pour les yeux.
J’appris plus tard que c’étaient des Oyonnaxiens chargés de guider le défilé car les participants n’en connaissaient pas le parcours.
Le défilé a marqué l’arrêt sur la rue Brunet alors que seuls les officiers et la garde du drapeau sont entrés au parc pour le dépôt de la croix de Lorraine au pied du monument aux morts.
La cérémonie ne dura à peine plus que le temps d’une minute de silence.
Les hommes du défilé firent demi-tour et regagnèrent les camions qui s’étaient alignés sous ma fenêtre.
Je dis souvent que ma fenêtre c’était ma télévision, et là, c’était du direct ».