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11 novembre 1943 : défilé historique à Oyonnax

Ce dossier multimédia a été initié à l’occasion du 70e anniversaire de l’emblématique défilé des maquisards à Oyonnax, le 11 novembre 1943. Véritable coup d’éclat, cet événement restera comme l’un des plus emblématiques de la Résistance dans l’Ain et le le Haut-Jura.

11 novembre 1943 – 11 novembre 2013 : l’hommage de la République

par Corinne Garay

 

« Ici à Oyonnax, il y avait des hommes qui voulaient utiliser le souvenir pour rallumer l’espoir. Il y avait des hommes qui voulaient rendre hommage aux morts et mobiliser les vivants. Ici à Oyonnax, il y avait des hommes qui voulaient donner de la fierté à leur pays, au moment où il doutait de lui-même. Ici à Oyonnax, il y avait des hommes, pas seulement des Français mais aussi des Républicains espagnols, qui portaient le drapeau de la liberté pour tous les peuples du monde…  ».

 

 

Ces mots ont été prononcés par le Président de la République François Hollande, le  11 novembre 2013, jour du 70e anniversaire du défilé de près de 130 maquisards dans les rues d’Oyonnax.

 

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L’attention était à son comble dans le carré clos du monument aux morts d’Oyonnax. L’émotion aussi. Décuplée sans doute dans un « décor » où chacun avait trouvé sa place. Les porte-drapeaux alignés avec solennité de part et d’autre du monument aux morts. Les troupes au cordeau comme dans les plus beaux défilés militaires. La tribune d’honneur parsemée de têtes blanchies d’anciens résistants et maquisards… La carte postale était parfaite pour la télévision certes, mais millimétrée à la perfection pour accueillir le chef de l’État et à travers lui l’hommage de la République.
Depuis le Parc René-Nicod, nous parvenaient les images sur écran géant de tous ces comédiens parsemés dans une foule estimée à plus de 6 000 personnes… investis d’un rôle d’époque, d’une réplique contextualisant l’année 1943. L’une des plus sombres de l’histoire de la Seconde guerre mondiale, où ce geste des maquisards ne pouvait qu’apporter l’espoir.
Et le Président Hollande de questionner dans un discours patriotique, fort et rassembleur…  : « Pourquoi se sont-ils battus les Français libres, les maquisards, les résistants ? Pourquoi sont-ils montés au front ? Pourquoi ont-ils pris les armes au sacrifice de leur vie ?  »

Assurer ensemble le destin de la France

Un mot revient pour répondre : la patrie. « Oui, la patrie, c’est-à-dire le legs reçu des générations précédentes mais aussi pour ce qu’elle incarne et signifie. C’est-à-dire : une promesse de dignité, de justice et d’émancipation. Il nous appartient encore de montrer la solidité, la vitalité de ce lien. »
Et le président de louer les vertus d’attachement à la France : « Aimer la France, ce n’est pas un sentiment nostalgique. Ce n’est pas une célébration du passé, de ses gloires, comme de ses drames. Aimer la France, c’est croire en ses atouts, ses capacités, ses talents, en sa jeunesse, en son école. Aimer la France, c’est la vouloir plus forte pour relever les défis, plus solidaire pour n’oublier personne, plus confiante pour prendre pleinement sa place dans le monde. Aimer la France, ce n’est pas l’enfermer, la recroqueviller, lui faire peur. C’est l’élever, lui dire la vérité, la mobiliser pour lui donner confiance. Aimer la France, c’est offrir à chacun la possibilité de réussir sa vie et donc de pouvoir servir son pays. »
Le Président rappellera un à un tous les sens donnés à cette journée : « Journée de la République. C’est notre bien commun. C’est à nous de la faire vivre, de faire respecter la loi partout. Une loi qui doit être la même pour tous. La République, c’est d’assurer l’égalité pas seulement des droits mais aussi des devoirs. La République c’est de ne jamais rien laisser passer face aux haines, aux intolérances, aux extrémismes, au racisme. C’est l’exigence de ne jamais céder devant les pressions d’où qu’elles viennent. »
Jour d’espérance, jour de rassemblement et d’unité de la France, jour de la défense nationale… déclinera également François Hollande. Et comme en écho à l’actualité agitée de ces jours derniers, le président de dire : « Notre pays ne peut rien quand il est morcelé, fractionné, divisé, en territoire, en catégories, en particularismes. Voilà pourquoi rien n’est plus indispensable que le dialogue, la responsabilité et le respect. Car c’est la communauté nationale qui nous réunit tous ».
Il conclura quelque 20 minutes d’allocution, sur le thème de la mémoire : « Une nation s’honore toujours de savoir à qui elle doit sa liberté et son indépendance. C’est précisément le rôle de la Mémoire que de transmettre de génération en génération le souvenir des actes glorieux, comme ici à Oyonnax, des épreuves douloureuses et des fiertés partagées. C’est au nom de cette Mémoire qu’il nous revient d’assurer à notre tour et ensemble, le destin de la France. »

Gravés dans les mémoires

En quittant l’hôtel de Ville après un magnifique accueil républicain, conduit par Michel Perraud, le maire, le Président nous confiait être venu à Oyonnax, pour la « portée unique de cet événement du défilé des maquisards. » Ajoutant : « le travail de mémoire ne doit pas être sur ce que l’on sait déjà… mais il doit nous permettre de revenir sur des lieux où il s’est produit des événements exceptionnels… c’est ce que nous allons faire pour l’année de commémoration de la Grande guerre. » Le 11 novembre 2013… restera définitivement le seuil de cette année commémorative qui s’ouvre. La visite du Président de la République, et à travers lui l’hommage de la Nation, resteront gravés dans les mémoires des Oyonnaxiens.